Aglossa, histoire de sa création

Les limites du surf

Comme tout le monde, j'ai débuté mon expérience du web en « surfant ». Mais après avoir découvert de jolies plaquettes et dépliants, l'attrait de la nouveauté cède la place à l'exaspération à cause de la lenteur des connexions ou de la superficialité de la plupart des pages disponibles à la consultation. Dans ce marasme, seuls quelques sites gardent quelques attraits pour une consultation régulière par la valeur de leur contenu rédactionnel. Pour ne rien gâcher, les meilleurs savent aussi « se mettre en beauté ». Je citerai en particulier Amazon, UseIt, Chronic'Art, I, Cringely, Adobe.

Les bases de données rédactionnelles

Ces sites savent mieux tirer partie des qualités du média. Contrairement au papier, les coûts de distribution sont d'abord fonction de la taille des pages plutôt que du nombre d'exemplaires. Aussi le web excelle dans la distribution de petits paquets d'informations, nouvelles, résumés, commentaires plutôt que dans celle d'histoires complètes qui suppose une bande passante continue et de grande capacité. Pour l'instant, rien ne vaut encore un livre ou un film pour créer une narration de longue durée. Dans ces conditions, les bases de données formelles ou informelles forment la base d'un contenu éditorial. En cela, on retrouve les tendances qui gouverne le marché des cédérom. En dehors des jeux ou de l'équivalent des livres de prestiges, seules les encyclopédies ont réussi à atteindre les espoirs placés dans ce support (personnellement je suis un utilisateur assidu du Bibliorom et de Bookshelf, son équivalent américain). Outre le média de diffusion, l'ordinateur excelle en effet dans ces situations par sa capacité à conserver un ordre ou à en créer de nouveaux.

Les transactions, sources d'information

Aussi n'ayant pas ni le temps ni les moyens de construire une base d'information, mon analyse des sites auxquels j'ai fait référence montre qu'ils ont su trouver une source d'informations en instrumentant les interactions avec les visiteurs ou entre les visiteurs. Ainsi lorsque vous consultez un livre sur Amazon, les statistiques d'achat permettent de savoir que ce livre est probablement relié à ceux achetés simultanément. De plus les acheteurs sont vivement incités à commenter leurs lectures pour enrichir l'expérience des autres clients.

Aglossa

Dans ma pratique personnelle, j'ai donc trouvé deux sources de commentaires qui seraient susceptibles de former la base d'une base d'information, les livres et les films. À partir de l'été 1998, je m'astreins à écrire un commentaire d'environ deux cents mots sur chaque lecture, chaque soirée cinéma en plus de récolter les informations matérielles correspondantes, référence ISBN des livres ou durée des films. Mon espoir est que d'autres personnes avec le temps verront de l'intérêt à le consulter voire à l'enrichir.

Il restait à trouver un nom pour cet essai. Comme je ne pouvais ni ne voulais utiliser directement mon nom, j'ai cherché un nom avec le cahier des charges suivant : nom d'un papillon, deux ou trois syllabes, le plus près possible du début de l'alphabet. Une recherche dans mon encyclopédie informatique m'a fourni Aglossa.

À la même époque, j'ai découvert la possibilité de publier sur ifrance.com. Ainsi Aglossa ouvre ses portes début décembre 1998 à l'adresse http://aglossa.ifrance.com/. Ensuite au printemps 1999, j'ai payé l'enregistrement et l'hébergement de www.aglossa.net pour éviter les bandeaux publicitaires aux (rares) visiteurs.

- Jean-Philippe Papillon, 11 novembre 1999


© Aglossa, 1998-1999